Le Cloud évoque quelque chose d’impalpable. Mais derrière cette illusion d’immatérialité, cet espace dans lequel nos données circulent sans que l’on sache vraiment où elles se trouvent, se cache une réalité bien physique. Des infrastructures qui s’imposent de plus en plus dans le paysage économique : les centres de données.
Avec l’essor de l’intelligence artificielle et l’intensification de nos usages dans tous les secteurs (photos, documents et messages sauvegardés, e-mails, lecture de vidéos), les centres de données sont devenus des ressources fondamentales. « C'est un peu les autoroutes du numérique d'aujourd'hui, comparables aux chemins de fer qui ont permis de développer l'économie par le passé », souligne Philippe Limantour, directeur technologique et cybersécurité chez Microsoft France, rencontré lors du salon VivaTech 2026.
En tant qu’acteur mondial, Microsoft opère plus de 500 centres de données répartis dans 34 pays. En Europe, l’entreprise poursuit le renforcement de ses infrastructures avec de nouveaux engagements annoncés au printemps 2025, notamment en France : une augmentation de 40 % de ses capacités de datacenters d’ici deux ans, ainsi qu’une extension de l’exploitation de ses datacenters à 16 pays européens, doublant ses infrastructures sur la période 2023-2027. Dans ce contexte de croissance, Microsoft fait face à un défi majeur : concilier la performance de ses centres de données avec des exigences accrues en matière de durabilité.
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Vers une nouvelle génération de centres de données
Si la proximité des données est devenue un enjeu majeur, elle soulève une autre question tout aussi cruciale, celle de l'empreinte environnementale des infrastructures qui les hébergent. Car chaque service cloud, chaque requête d’IA, repose sur des infrastructures qui consomment de l’énergie, de l’eau et des ressources matérielles.
Pour y répondre, Microsoft s’est fixé une feuille de route ambitieuse : devenir négatif en carbone, positif en eau et zéro déchet d’ici 2030, avec l'objectif encore plus radical à l’horizon 2050 de retirer l’équivalent de toutes les émissions de carbone produites depuis sa création en 1975. En 2025, une première étape a été franchie, avec 100 % des centres de données du groupe alimentés en énergies renouvelables.
Sur son stand au salon Viva Tech 2026, Microsoft a présenté une maquette en LEGO® de son modèle de centre de données du futur. © Microsoft
Pour répondre au défi de consommation d’eau, la nouvelle génération de centres de données opérée par Microsoft fonctionne aujourd’hui en circuit fermé. En Finlande, l’entreprise va plus loin en exploitant aussi la chaleur résiduelle : « On a de l'eau à 30°, que l'on réinjecte pour alimenter 250 000 foyers ou bien des serres pour fabriquer des carottes et des salades dans l'environnement d'à côté avec l'énergie, la chaleur, produite par le data center », précise Philippe Limantour.
Le data center du futur ne se contente plus de répondre à des besoins technologiques, il s’inscrit désormais dans une démarche d’intégration écologique, économique et sociale
L’innovation se poursuit également du côté du bâti. L’entreprise expérimente des matériaux de construction hybrides (bois-acier), réduisant jusqu’à 65 % l’empreinte carbone d’un centre, ou des bétons moins carbonés. Un autre levier essentiel concerne la durée de vie des équipements. « On a monté un premier centre de traitement de déchets en 2020, à Amsterdam, on en a huit dans le monde maintenant, on recycle déjà plus de 91 % des serveurs », même si leur remplacement reste parfois nécessaire dans la durée.
Le data center du futur ne se contente plus de répondre à des besoins technologiques, il s’inscrit désormais dans une démarche d’intégration écologique, économique et sociale. Selon les principes du biomimétisme, six nouveaux centres de données Microsoft ont été conçus pour s’harmoniser avec leur environnement, avec par exemple 150 arbres d’essences locales plantés et 2 300 m² d’arbustes, herbes et plantes.
Sur le plan de l’emploi, Philippe Limantour souhaite mettre en avant l’impact positif dans la création de ces centres : « Il y a 40 corps de métier dans la fabrication d’un data center, et 27 métiers différents dans son exploitation quotidienne, donc évidemment, c'est en général de la main-d'œuvre locale qui va être mobilisée ». Des emplois qui doivent contribuer à ancrer durablement ces infrastructures dans le tissu économique régional.
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