Les lunettes intelligentes commencent à apparaître un peu partout. Il ne s'agit plus simplement d'un produit de niche qui intéresse quelques férus de nouvelles technologies. Ces lunettes sont relativement accessibles, avec par exemple la première génération de Ray-Ban Meta qui commence à 269 euros. Il est possible d'ajouter des verres correcteurs, et certains les portent désormais en permanence à la place de leurs lunettes habituelles.
Meta lance des lunettes IA moins chères que les Ray-Ban Meta : voici ce qui change vraiment
Meta présente une nouvelle gamme de lunettes intelligentes, pour la première fois entièrement sous sa propre marque. Une manière pour la firme de casser les prix alors que Google et Samsung s’apprêtent à lancer leurs propres modèles.... Lire la suite
Toutefois, cela soulève un problème éthique. Lorsque les smartphones se sont démocratisés, beaucoup se sont inquiétés de voir des caméras partout. Avec un smartphone, il est nécessaire de tenir l'appareil orienté vers le sujet, ce qui est généralement visible. Ce n'est pas toujours le cas, et il y a certainement des abus. Au Japon, par exemple, la loi impose qu'un smartphone émette un bruit en prenant une photo. Cette loi viserait notamment à empêcher les photos prises sous les jupes des femmes, et aurait été adoptée à la suite de l'arrestation de la célébrité Masashi Tashiro en 2000 lorsque celui-ci a tenté de prendre une photo de ce type dans une gare à Tokyo.
Les lunettes intelligentes peuvent aussi corriger la vue et servir de lunettes de soleil. © Ray-Ban MetaDes voyants de sécurité faciles à contourner
Pour les lunettes intelligentes, la caméra se trouve sur le visage et est déjà positionnée pour enregistrer le point de vue du porteur. Il n'y a donc aucun geste caractéristique, surtout que la capture peut être déclenchée en appuyant sur un bouton ou directement via la voix. Heureusement, Meta a pensé à ajouter un petit voyant. Avec les Ray-Ban Meta et les Oakley Meta, celui-ci se trouve en haut à gauche lorsque vous regardez le porteur, et la caméra se trouve en haut à droite. Mais tout le monde ne sait pas ce que ce voyant signifie, et beaucoup de témoignages signalent qu'elle n'est pas suffisamment visible en pleine lumière. De plus, certains n'hésitent pas à recouvrir ou à désactiver le voyant. Meta affirme désactiver la caméra si le voyant est désactivé, mais des utilisateurs trouvent toujours de nouvelles techniques pour contourner cette mesure.
Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne et maison mère d’AliExpress, a lancé ses propres lunettes intelligentes dotées d’un affichage. Elles se positionnent face à celles de Meta, les Meta Ray-Ban Display. Quelles sont les différences ?... Lire la suite
Actuellement, Meta domine le marché et propose de nombreuses montures. On trouve entre autres ses Ray-Ban Meta disponibles en Wayfarer, Blayzer, Headliner, Scriber et Skyler, ou encore ses Oakley Meta avec une forme classique HSTN, ou la monture sportive Vanguard dont la caméra est placée au centre. De plus, la marque a récemment lancé ses Meta Glasses avec des montures Adventurer, Fury et Starfire. Mais il existe d'autres marques comme Rokid ou Oho Sunshine, et de nouveaux modèles ont déjà été annoncés ou devraient l'être dans les prochains mois, comme les Snap Specs, les Xreal Aura ou encore les lunettes de Google et d’Apple. Chaque modèle est différent, et certains sont beaucoup plus discrets que d'autres. Et l'indicateur d'enregistrement change d'une marque à l'autre.
Toutes les lunettes intelligentes ne se ressemblent pas. Ici, les Oakley Meta Vanguard. © Oakley
La CNIL tire la sonnette d'alarme
Dans cette situation, comment encadrer l'usage de ces caméras discrètes ? Les Oakley Meta Vanguard ont visiblement été conçues pour enregistrer les activités sportives. Certains influenceurs utilisent d'autres modèles de manière respectueuse, comme par exemple pour tester les petits restaurants au Japon, en demandant toujours la permission. Mais d'autres n'hésitent pas à en abuser, par exemple des influenceurs masculinistes qui abordent les femmes en filmant leurs réactions à leur insu, et partagent les images en ligne sans consentement. D'autres n'hésitent pas à créer du contenu en piégeant les gens qui ne savent pas qu'ils sont enregistrés.
Cette nouvelle manière de filmer des femmes sans consentement alarme les victimes
L’essor des lunettes connectées ouvre la voie à de nouvelles formes de harcèlement numérique. Elles permettent de filmer sans éveiller les soupçons, de diffuser massivement, puis de monnayer le retrait. Et les femmes sont en première ligne.... Lire la suite
Et cela ne va aller qu'en s'empirant. Ces lunettes connaissent une popularité croissante, et on risque de les croiser partout. Les nouveaux modèles seront de plus en plus fins et difficiles à identifier, avec des fonctionnalités toujours plus avancées. Pour couronner le tout, Meta a déjà ajouté du code permettant la reconnaissance faciale, transformant potentiellement chaque porteur en caméra de surveillance. En mai dernier, la CNIL a lancé un appel à la vigilance face aux lunettes connectées. Elle s'inquiète de la captation de l'image et de la voix de personnes de manière invisible, et du risque de surveillance au quotidien. Rappelons tout de même le droit à l'image et le respect de la vie privée. « Photographier ou filmer une personne dans un lieu privé ou transmettre son image, sans son accord, est sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende. Publier la photo ou la vidéo sans l'accord de la personne est sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. »
.png)
14 hours ago
English (United States) ·
French (France) ·