Face à la soif d’énergie de l’IA, la Chine mise sur des serveurs immergés en mer

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Située à proximité de la zone spéciale de Lingang, cette infrastructure innovante affiche une capacité totale de 24 mégawatts et a nécessité un investissement d'environ 1,6 milliard de yuans, soit près de 226 millions de dollars, pour voir le jour.

Ancrée à 10 mètres de profondeur, l'installation, qui abrite près de 2 000 serveurs, vise à répondre aux usages les plus gourmands en calcul, et notamment au développement des grands modèles de langage chinois.

Une réponse aux besoins énergétiques croissants de l’IA

Ce projet prend forme dans un contexte de fortes tensions autour des besoins énergétiques croissants de l'IA. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la consommation électrique mondiale des data centers pourrait plus que doubler d'ici 2030 pour atteindre environ 945 térawattheures, l'IA constituant le principal moteur de cette hausse.

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C'est précisément ce casse-tête énergétique que la Chine entend solutionner en rapprochant les data centers des sources d’énergie renouvelable et en tirant parti de l'environnement marin pour limiter les besoins de refroidissement. En effet, contrairement à un data center terrestre, les modules immergés utilisent l'eau de mer comme dissipateur thermique naturel, ce qui réduit fortement le recours à des systèmes frigorifiques énergivores.

Le couple mer-vent au cœur du dispositif

Pour fonctionner correctement, les modules sous-marins sont positionnés à proximité des turbines du parc éolien offshore de Lingang, ce qui leur permet de recevoir directement une grande partie de volumes d'énergie renouvelable produits localement. Concrètement, le projet utilise plus de 95 % d'électricité verte, avec un gain de sobriété de 22,8 % par rapport à des infrastructures classiques comparables.

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La performance énergétique annoncée repose aussi sur l'indicateur PUE, ou Power Usage Effectiveness, qui mesure l'efficacité d'un data center. Plus il se rapproche de 1, plus l'énergie est consacrée directement au calcul plutôt qu'au refroidissement ou aux fonctions auxiliaires. Les développeurs affirment que le site de Lingang atteint un PUE de 1,15, un niveau considéré comme très satisfaisant.

À Lingang, la Chine démontre qu'une partie de l'avenir de l'IA pourrait se jouer au large des côtes, près des littoraux. À mesure que cette technologie réclamera toujours plus de puissance de calcul, l'alimentation des centres de données nécessitera des procédés qui consomment moins et qui polluent moins. 


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