(Agence Ecofin) - Depuis 2021, les discours officiels du ministère de l’Énergie et des Mines et de Sonatrach évoquent clairement la volonté d’augmenter la part des entreprises nationales dans les grands projets énergétiques.
Alors que les autorités affichaient, lors du NAPEC 2025 tenu à Oran du 6 au 8 octobre, une ambition de réalisation « 100 % algérienne » des infrastructures énergétiques, elles ont annoncé le lancement imminent de deux projets de pose de conduites de transport de gaz et de pétrole au sud du pays.
Selon l’Entreprise nationale des canalisations (ENAC), les travaux englobant études, fourniture, construction et livraison seront menés par des équipes et compétences 100 % algériennes dans un délai maximal de trente mois.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de valorisation de la chaîne énergétique nationale, de l’extraction à la distribution, avec pour priorité le renforcement des capacités techniques et industrielles locales. Elle intervient alors que l’État a annoncé un plan d’investissement de 60 milliards USD sur la période 2025-2029, dont près de 80 % seront consacrés aux segments exploration, transport, traitement, selon le ministère de l’Énergie et des Mines.
Dans cette dynamique, Sonatrach, la compagnie publique en charge des hydrocarbures, pilote un programme complémentaire de 7 milliards USD destiné à accroître la capacité nationale de raffinage et de pétrochimie. L’objectif affiché est d’augmenter la part des hydrocarbures transformés localement de 32 % à 50 % d’ici 2030, afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire.
Entre volonté politique et réalités industrielles
Cependant, la concrétisation de cette ambition industrielle progresse encore lentement. La transition vers une véritable souveraineté industrielle en matière énergétique demeure partielle au vu des chantiers en cours et des contrats récents.
En juillet 2025, Sonatrach a attribué à la société chinoise Jereh Oil & Gas Engineering un contrat d’environ 855 millions USD pour la construction d’une station de compression et la pose de nouvelles conduites de gaz dans le champ de Rhourde Nouss, dans le sud-est du pays. Le même mois, un contrat de 1,35 milliard USD liait Sonatrach à la société italienne Eni pour l’exploitation du champ de Zemoul El Kbar, dans le bassin de Berkine. Quelques mois auparavant, en février 2025, la société avait signé un accord d’un montant équivalent avec Sinopec, portant sur des activités de développement et d’exploration dans le périmètre de Hassi Berkane Nord.
Ces opérations illustrent la poursuite de coopérations internationales dans le développement énergétique algérien. Malgré la volonté de renforcer la participation nationale, la mise en œuvre technique de nombreux projets continue de mobiliser des entreprises étrangères spécialisées dans la construction, l’ingénierie et les équipements pétroliers.
Un rapport économique publié en août 2025 par le Service des délégués commerciaux du Canada indique que le secteur des hydrocarbures en Algérie recourt encore largement à des expertises et technologies importées, notamment dans les domaines du forage avancé, de la maintenance industrielle et de la réparation des installations. Le document souligne que le pays recherche activement des transferts de savoir-faire afin d’accroître la contribution locale aux projets d’exploration et de production.
Abdel-Latif Boureima
Édité par Wilfried ASSOGBA
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