Portée par la Commission nationale du développement et de la réforme, cette initiative sur cinq ans doit permettre de connecter entre eux plusieurs pôles de calcul répartis sur le territoire chinois d'ici 2028, tout en donnant la priorité aux technologies produites localement.
L'objectif est de doter la Chine d'une infrastructure de calcul puissante, distribuée et capable de répondre aux besoins croissants de l’IA. Plusieurs agences publiques participent actuellement à l'élaboration de cette feuille de route, avec la Commission nationale du développement et de la réforme en chef de file.
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L'ampleur des montants envisagés illustre l'ambition de Pékin pour bâtir une architecture nationale de centres de données dédiés aux applications d'intelligence artificielle.
Un réseau national sous contrôle public
Les groupes publics China Mobile et China Telecom devraient jouer un rôle central dans l'exploitation de ces infrastructures. Leur mission principale serait d'assurer la gestion d'une grande partie du réseau et d'en garantir la bonne interconnexion.
Le projet prévoit également une forte préférence pour les équipements chinois. Au moins 80 % des technologies utilisées devraient provenir de fournisseurs nationaux. Huawei Technologies apparaît comme l'un des acteurs les mieux placés pour fournir les puces d'intelligence artificielle nécessaires, tandis que les groupes américains Nvidia et Advanced Micro Devices seraient moins sollicités.
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Cette orientation s'inscrit dans la continuité d'une directive révélée l'an dernier, qui imposait déjà aux nouveaux projets financés par des fonds publics de recourir uniquement à des semi-conducteurs fabriqués en Chine.
Un montage financier articulé autour de la dette publique
Le financement du programme devrait reposer en grande partie sur l'émission de dette souveraine. Pékin prévoit notamment d'utiliser des obligations d'État spéciales à très long terme, dont l'échéance dépasserait dix ans. Ce socle financier serait complété par des fonds publics consacrés aux secteurs stratégiques, ainsi que par des prêts bancaires et des investissements privés.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre plus large du programme d'infrastructures des « Six Réseaux », présenté en début d'année par les autorités chinoises. Celui-ci couvre plusieurs domaines jugés essentiels, allant de l'approvisionnement en eau et en électricité jusqu'aux capacités de calcul informatique.
Vers un réseau cohérent et opérationnel
Au-delà des centres de données (data centers), l'intégration au réseau électrique national constitue un volet majeur du programme. La Chine vise l'année 2028 pour relier l'ensemble de ses installations de données en un réseau cohérent et opérationnel. Cette échéance intervient alors que la demande en puissance de calcul progresse rapidement, portée notamment par l'entraînement de modèles d'intelligence artificielle toujours plus gourmands en ressources informatiques.
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Le projet s'intègre au 15e Plan quinquennal chinois, qui s'étend jusqu'en 2030 et fait des infrastructures de données une priorité stratégique nationale. Le directeur de la Commission nationale du développement et de la réforme estime que le secteur chinois de l'intelligence artificielle pourrait dépasser les 10 000 milliards de yuans d'ici 2030.
Dans ce contexte, Huawei a déjà intensifié les livraisons de sa puce IA 910C, tandis que les restrictions américaines sur les semi-conducteurs incitent les entreprises chinoises à accélérer le développement de solutions nationales.
Reste à savoir si les fournisseurs chinois seront capables de satisfaire une demande aussi importante en composants de pointe, car le secteur reste confronté aux sanctions américaines, qui limitent l'accès de la Chine aux technologies de gravure les plus avancées.
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