La montée jihadiste au Sahel menace l’Europe, avertit le représentant de l’Union européenne

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Publié le 5 décembre 2025 Lecture : 2 minutes.

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« Une chose que nous savons au sujet des organisations terroristes […] c’est qu’elles ne restent pas où elles sont. Elles sont un fléau non seulement pour les populations directement touchées, mais aussi une menace pour les autres, a affirmé jeudi depuis Accra, au Ghana, João Cravinho. La sécurité européenne est menacée par l’implantation d’organisations terroristes dans la région du Sahel. »

Selon le dernier Indice mondial du terrorisme, le Sahel est devenue l’épicentre mondial du « terrorisme » en raison des insurrections jihadistes menées par des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ces groupes armés étendent leur influence vers le Sud, dans des États côtiers comme le Togo et le Bénin.

« Comme vous le savez, les flux migratoires non réglementés sont également une source de préoccupation pour plusieurs pays européens », a ajouté le représentant spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel, affirmant vouloir « coopérer » avec le Ghana, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie, également confrontés à un afflux de population.

Explosion des attaques

Le nombre d’attaques jihadistes au Sahel a explosé en six ans, passant de 1 900 en 2019, principalement concentrées à la frontière entre Mali et Burkina Faso, à plus de 5 500 en 2024 et 3.800 avant le 10 octobre 2025, sur une zone désormais grande comme deux fois l’Espagne, selon une analyse de l’AFP basée sur les données de l’ONG Acled, qui répertorie les victimes de conflits à travers le monde. Ces violences ont fait quelque 76 900 morts, estime Acled.

Selon João Cravinho, la vague de coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger et la décision des trois juntes de quitter la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont « complètement changé la donne ». « Ce que nous devons faire maintenant […], c’est trouver de nouvelles façons de travailler ensemble sur les défis communs », a-t-il lancé.

Une patrouille de soldats bukinabè, en 2020 près de Dori, dans le nord-est du pays, près de la frontière avec le Mali et le Niger (illustration).

Il a ajouté que l’UE continuerait à dialoguer avec les juntes du Sahel malgré les divergences politiques. « Je me suis rendu dans les trois pays, le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Et je compte y retourner au début de l’année prochaine, a-t-il assuré. Ils disent vouloir tourner la page. Ils veulent établir un nouveau type de relations. Et nous voulons également établir un nouveau type de relations ».

Interrogé sur la dépendance croissante du Mali vis-à-vis de la Russie, il a expliqué que « la Russie n’est pas en mesure d’apporter les solutions dont les Maliens ont besoin. Nous avons constaté que depuis leur arrivée, la situation s’est aggravée ».

(Avec AFP)


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