Bonjour à toutes et tous,
Bienvenue dans cette nouvelle édition du Brief de Jeune Afrique, LA newsletter qui revient sur l’essentiel de l’actualité politique et économique du continent.
Au sommaire cette semaine :
Découvrez les 30 villes les plus attractives du continentLe point sur l’économie du Burkina FasoL’accord entre la RDC et le Rwanda signé à WashingtonAprès le coup d’État en Guinée-Bissau, où sont les opposants à Embaló ?Au Maroc, une affaire dans l’affaire fait rebondir le procès Lamjarred____________________________________
1. Découvrez les 30 villes les plus attractives du continent
Top. Cette année encore, nous publions le palmarès des 30 Villes africaines les plus attractives en partenariat avec le cabinet Sagaci Research. Ce classement, qui combine sondage des habitants sur quatre dimensions clés (qualité de vie, infrastructures et logement, entreprises et emploi, services essentiels) et analyse des investissements étrangers, offre un éclairage inédit sur l’essor urbain continental et la contribution des métropoles au développement national.
Le Caire. Si la ville égyptienne ne pointe qu’à la 14e position sur le volet sondage des habitants, elle écrase la concurrence sur le plan de l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE). Deux autres facteurs jouent en faveur de la capitale égyptienne. D’une part, elle donne accès à un marché national de taille et pouvant servir de base pour l’exportation. D’autre part, elle bénéficie, après les dévaluations de la monnaie nationale, d’une main-d’œuvre au coût très compétitif.
Kigali. Elle est la plus modeste des villes du top 5 sur le plan démographique. Mais sa propreté, sa sécurité et sa bonne gouvernance est louée par ses habitants ; elle confirme son statut de « Genève de l’Afrique ». Cela se traduit par une note de 8,6 sur 10 pour la qualité de vie, le meilleur score en la matière.
Nairobi. Bien que théâtre de violences et tensions depuis un peu plus d’un an, la capitale du Kenya entend ajouter à son profil de ville internationale le statut de hub technologique continental.
Malgré leurs particularités, ces trois villes misent sur les mêmes leviers : les transports (modernisation du métro au Caire, projet de Bus Rapid Transit, ou BRT, à Nairobi, déploiement de bus électriques à Kigali), les nouvelles technologies (IA et smart cities au Caire, Silicon Savannah à Nairobi, Kigali Innovation City) et un cadre d’investissement clair et incitatif (guichet unique dans les trois villes).
2. Comment va (vraiment) l’économie du Burkina Faso d’Ibrahim Traoré ?
© Facebook Ibrahim Traoré
Insécurité. Comment fait l’économie burkinabè pour résister, alors que le pays est en proie à une crise sécuritaire de grande ampleur ? Selon l’ONG Acled, plus de 26 000 morts, civils et militaires, sont à déplorer au Burkina Faso depuis 2015, dont plus de la moitié rien que ces trois dernières années. Et sur le seul premier semestre de 2025, 230 000 personnes ont fui le pays. Cette insécurité pèse lourdement sur des pans entiers de l’économie, en particulier l’agriculture.
Coton. La production nationale de coton, deuxième produit d’exportation, a chuté de 26 % (pour atteindre 286 000 tonnes) lors de la campagne 2024-2025. Le secteur a perdu « plus de 32 000 exploitations à cause de l’insécurité ». La Socoma (filiale de Geocoton), numéro deux national, a suspendu ses activités le 9 juillet dernier, licenciant près de 800 employés et pénalisant 60 000 producteurs.
Or. Malgré le contexte, l’économie résiste grâce à l’or (plus de 80 % des recettes d’exportations), permettant une « croissance du PIB réel qui devrait atteindre 5 % en 2025 », selon le FMI. La production 2024 a atteint 548 milliards de F CFA. Poursuivant son « souverainisme », le président Traoré a nationalisé les mines de Boungou et Waghnion (rachat à 90 millions de dollars) et réformé le code minier (juillet 2024) pour une participation gratuite de l’État jusqu’à 15 %.
3. L’accord entre la RDC et le Rwanda signé à Washington
© Evan Vucci/AP/SIPA
Rituel diplomatique. À Washington, ce 4 décembre sous les auspices du président américain Donald Trump, les chefs d’État congolais, Félix Tshisekedi, et rwandais, Paul Kagame, ont entériné les « accords de Washington », un pacte de paix visant à stabiliser la région des Grands Lacs et à ouvrir la voie à des investissements occidentaux dans les richesses minières congolaises.
Défiance mutuelle. « Pourtant, derrière les sourires protocolaires et les discours policés, une méfiance palpable a dominé la scène, transformant ce qui devait être un triomphe en une illustration criante des clivages persistants entre Kinshasa et Kigali. L’absence de poignée de main entre les deux hommes, filmés sous tous les angles, n’était pas un oubli : elle symbolisait un désaccord que l’encre des signatures peine à effacer », racontent Julian Pecquet et Stanis Bujakera Tshiamala.
Désaccord masqué ? Sur le papier, ces accords de Washington prévoient « une coopération sur l’électricité, les infrastructures et la lutte contre les trafiquants d’armes et de minerais. Mais sans geste concret de réconciliation – comme une démobilisation vérifiable du M23 ou la neutralisation des FDLR – l’histoire risque de se répéter », préviennent les journalistes de Jeune Afrique.
4. Après le coup d’État en Guinée-Bissau, où sont les opposants à Embaló ?
© Facebook PAIGC
Fernando Dias. Principal opposant au président Embaló, Fernando Dias da Costa était le candidat du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) aux élections du 23 novembre. Parti historique, le PAIGC revendique la victoire dès le premier tour et assure être en possession des procès-verbaux originaux des bureaux de vote pour le prouver.
Fernando Dias da Costa, dont on a subodoré qu’il se trouvait à Dakar puis à Ziguinchor, affirme avoir été victime d’une tentative d’enlèvement mais a annoncé qu’il était toujours dans son pays. « Il bénéficie de la protection du Nigeria, qui dit lui avoir offert l’asile politique. Selon plusieurs sources, il serait réfugié à l’ambassade de ce pays à Bissau, d’où il appelle à la poursuite du processus électoral », explique Marième Soumaré, notre envoyée spéciale à Bissau.
Domingos Simões Pereira (DSP). Le président du PAIGC, arrêté le 26 novembre, reste incarcéré, tout comme un autre responsable de son parti, Octávio Lopes, et Roberto Mbesba, membre, lui, du Parti du renouveau social (PRS), de Fernando Dias. La famille de l’ancien président de l’Assemblée nationale dénonce les conditions « inhumaines » de sa détention. D’abord retenu sur une base, « DSP s’est retrouvé privé de liberté de manière arbitraire, sans avoir la possibilité de recevoir la visite de membres de sa famille ou de consulter un avocat », a fait savoir son entourage. « L’opposant, qui ne peut plus recevoir de nourriture de l’extérieur, aurait cessé de s’alimenter », écrit la journaliste de Jeune Afrique dans son analyse.
5. Au Maroc, une affaire dans l’affaire fait rebondir le procès Lamjarred
© BERTRAND GUAY/AFP
Laura P. La remise en liberté du chanteur après son appel, au printemps 2023, l’a profondément ébranlée. Et la perspective d’un procès en appel à Créteil, initialement prévu en juin 2025, a renforcé chez elle la conviction que cette affaire ne finirait jamais. Celle qui, il y a dix ans, a porté plainte contre Saad Lamjarred pour viol, se met à douter de la justice qui, loin de protéger, la laisserait s’enfoncer dans un tunnel sans issue. C’est dans ce climat de vulnérabilité qu’émerge, fin 2024, la séquence qui va tout faire dérailler.
Aïssatou F. « Le 17 octobre, Laura P. raconte avoir été contactée par une femme se présentant sous le prénom d’Aïda. En réalité, il s’agit d’une avocate parisienne, Aïssatou F., qui affirme vouloir aider les femmes victimes de violences. Surgie de nulle part mais tenant un discours rassurant, elle gagne rapidement la confiance d’une plaignante épuisée et désabusée par la lenteur judiciaire. Fin novembre, lors d’un déplacement en métropole, Laura la rencontre en présence de sa mère, Olga », raconte Nina Kozlowski.
Selon le récit de Laura, l’avocate lui conseille d’abord d’obtenir la copie intégrale de son dossier, puis glisse que le procès d’appel ne changera rien à « l’impunité » de Saad Lamjarred. Elle lui suggère qu’il vaudrait mieux « le mettre à terre financièrement » car la justice « ne le punira jamais ». Laura refuse d’abord toute idée d’arrangement, mais Aïssatou insiste. Après en avoir discuté avec sa mère, Laura finit par envisager l’idée d’une transaction qui lui permettrait enfin de tourner la page.
C’est ainsi que naît l’affaire dans l’affaire, à lire sur le site de Jeune Afrique.
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6 months ago
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