Le CDC Afrique veut mutualiser les achats de produits médicaux sur le continent : le point santé hebdomadaire

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(Agence Ecofin) - L’actu santé de la semaine va du Rwanda, où le CDC Afrique renforce la mutualisation des achats médicaux, au Togo salué pour ses progrès contre la tuberculose, en passant par la RDC qui fixe l’horizon 2035 pour en finir avec cette maladie. Dans le même temps, des crises sanitaires affectent certains pays : alerte à la rage chez les chats au Nigéria, et recrudescence du choléra en RDC et au Soudan du Sud…

Santé en Afrique : vers une mutualisation des achats de produits médicaux

Réunis à Kigali, le CDC Afrique, les Communautés économiques régionales (CER) et leurs partenaires ont renforcé la coordination entre les mécanismes régionaux d’achats groupés et le Mécanisme africain de passation groupée des marchés (APPM).

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C’était dans le cadre d’un atelier soutenu par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et l’Université du Rwanda, qui marque ainsi une nouvelle étape vers l’opérationnalisation de l’APPM. Ce mécanisme est censé améliorer l’accès à des produits de santé abordables et promouvoir la fabrication locale. Ainsi, la plateforme d’échange numérique régionale EAC devrait bientôt interagir avec le système continental. Pour le CDC Afrique, c’est un pas de plus vers une souveraineté sanitaire du continent, face aux fluctuations du financement mondial. « L’Afrique doit bâtir sa souveraineté sanitaire », a notamment rappelé Dr Jean Kaseya, directeur du CDC Afrique.

Le Cameroun systématise le vaccin contre la méningite

Bien que disponible au Cameroun depuis plusieurs années, le vaccin contre la méningite sera, pour la première fois, administré systématiquement aux enfants. Selon le ministère de la Santé publique, le Plan de travail annuel 2025 du Programme élargi de vaccination prévoit une vaste campagne pour immuniser les enfants non vaccinés depuis 2011.

— OMS Afrique (@OMS_Afrique) March 27, 2025

Par ailleurs, le Plan 2025 inclut également l’extension de la vaccination contre le paludisme. Introduit en janvier 2024 dans 42 districts sanitaires sélectionnés pour leur forte prévalence de la maladie, ce vaccin a permis l’administration d’environ 366 000 doses aux nourrissons au 31 décembre 2024, selon l’Organisation mondiale de la santé.

CDC Afrique : un podcast pour une santé publique

Le CDC Afrique lance également un Podcast Santé Publique Afrique, à destination du grand public. Lancée le 24 mars à Addis-Abeba, la plateforme entend vulgariser les grands enjeux de santé, depuis la génomique jusqu’à la santé numérique.

Premier épisode à l’antenne : le pouvoir de la génomique dans la lutte contre les maladies, avec le Dr Sofonias Tessema. Il y expose comment l’Afrique déploie les technologies de séquençage pour mieux détecter les épidémies, soutenue par l’intelligence artificielle.

« Ce podcast donne une voix aux solutions africaines », selon Margaret Muigai-Edwin, cheffe de la communication de CDC Afrique. L’émission ambitionne également de créer un espace de dialogue scientifique africain, accessible et mobilisateur.

La RDC fixe l’horizon 2035 pour en finir avec la tuberculose

La RDC se mobilise contre la tuberculose. À l’occasion de la Journée mondiale, le Dr Jean-Pierre Malemba, directeur du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), a appelé à « un engagement durable, un investissement massif et des actions coordonnées » pour éradiquer la maladie d’ici 2035.

Le pays d’Afrique centrale, qui a récemment renforcé son arsenal avec 78 appareils de diagnostic et des équipements de radiologie dopés à l’IA, entend intensifier la détection communautaire et le traitement précoce.

Ceci étant, les acteurs dénoncent un retard dans le financement promis lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans le même temps, l’OMS s’est engagée à accompagner les efforts nationaux, appelant à une action à tous les niveaux. En parallèle, la Première ministre a ordonné l’achat de médicaments sur fonds propres pour éviter les ruptures critiques.

Tuberculose : le Togo salué pour ses avancées vers l’élimination de la maladie

Avec seulement 30 cas pour 100 000 habitants en 2023, le Togo reçoit les félicitations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour ses efforts pour l’élimination de la tuberculose. L’approche combine modernisation du dépistage, gratuité des soins et implication communautaire.

Au #Togo??, avec l’appui de @WHO, le nombre de structures de santé équipées d'appareils GeneXpert (utilisés pour le diagnostic rapide de la #tuberculose) est passé de 14 à 52, réduisant à 24 heures le temps de détection et permettant à un plus grand nombre de personnes d'accéder… pic.twitter.com/VsrUVZ9QG2

— OMS Afrique (@OMS_Afrique) March 24, 2025

L’introduction des machines GeneXpert sur 52 sites a réduit les délais de diagnostic de 72 à 24 heures. La stratégie FAST, étendue à 55 centres de diagnostic et de traitement, a renforcé la détection active des cas, particulièrement chez les enfants et les personnes vivant avec le VIH. Grâce au soutien du Fonds mondial, des traitements préventifs sont déployés et un accompagnement nutritionnel est offert aux patients vulnérables. Le Togo devient ainsi un modèle régional dans la lutte contre la tuberculose.

Santé infantile : l’ONU alerte sur la menace qui plane sur deux décennies de progrès

En 2023, le monde a enregistré 4,8 millions de décès d’enfants de moins de 5 ans et 1,9 million de mortinaissances, selon les Nations Unies. Bien que ces chiffres traduisent une baisse historique depuis 2000, les Nations Unies tirent la sonnette d’alarme : les réductions budgétaires internationales risquent d’inverser ces avancées.

Selon deux rapports publiés par l’UNICEF, l’OMS et la Banque mondiale, la majorité des décès surviennent dans les pays à faible revenu, souvent de causes évitables : accouchements non médicalisés, infections, manque de soins prénatals. Dans un tel contexte, les experts appellent à des investissements urgents dans les systèmes de santé, la vaccination, la nutrition et la formation de professionnels. En l’absence d’un engagement politique fort, des millions de vies d’enfants et de mères sont en jeu, compromettant à la fois la justice sociale et le développement économique mondial.

Nigéria : alerte à la rage féline dans l’État d’Adamawa

Au Nigéria, l’État d’Adamawa (au nord-est du pays) fait face à une flambée préoccupante de rage, principalement chez les chats. Selon les autorités sanitaires locales, 9 chats sur 19 testés ont été déclarés positifs, soit une prévalence estimée à 50 %. Trois décès humains liés à la rage ont déjà été enregistrés en 2024.

Adamawa govt confirms rabies outbreak, urges pet vaccinationhttps://t.co/AQBUvKzW24

— The Guardian Nigeria (@GuardianNigeria) March 27, 2025

La situation soulève une alerte sanitaire majeure, ceci dans un contexte où la vaccination des animaux de compagnie reste peu pratiquée. Le ministère de l’Élevage prévoit notamment une campagne de vaccination à l’échelle de l’État, sous réserve de l’approbation du gouverneur.

Pour rappel, la rage est une zoonose mortelle, transmise par la salive d’animaux infectés. En l’absence de traitement après l’apparition des symptômes, elle est toujours fatale. C’est pourquoi les autorités appellent à la vigilance des propriétaires d’animaux et à une vaccination immédiate.

Épidémie de choléra en RDC…

En RDC, l’épidémie de choléra reprend de l’ampleur dans la zone de santé d’Uvira (dans l’est du pays). Ainsi, depuis fin février 2025, 65 nouveaux cas et deux décès ont été enregistrés, selon Jaime Saidi, chargé de communication local. Au total, plus de 118 cas ont été rapportés depuis le début de l’épidémie. Face à une propagation rapide, les autorités sanitaires, avec l’appui de la Croix-Rouge, de MSF Hollande, de l’OMS et de l’UNICEF, ont intensifié la riposte. En plus des traitements, des actions communautaires sont engagées, notamment la distribution d’eau traitée et la promotion des gestes d’hygiène. « Se laver les mains peut réduire les cas de choléra jusqu’à 50 % », rappelle Saidi, insistant sur l’importance d’une approche globale.

…et au Sud-Soudan

De même, au Sud-Soudan, une flambée de choléra a déjà causé 155 décès dans la zone administrative de Greater Pibor, selon un communiqué du ministère de la Santé publié le 23 mars 2025. Avec 888 cas recensés, l’épidémie s’étend rapidement, aggravée par le manque d’eau potable, des conditions d’hygiène dégradées et les inondations qui ont endommagé les points d’accès à l’eau. La majorité des décès ont été enregistrés dans les communautés rurales dépourvues de centres de soins. En réponse, l’OMS et Médecins Sans Frontières ont livré des solutions de réhydratation et du matériel médical. Ceci étant, les experts alertent sur l’insuffisance des ressources face à l’ampleur de la crise.

Ayi Renaud Dossavi

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