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(Agence Ecofin) - La problématique du sous-investissement dans l’entretien des infrastructures de mobilité reste entière en Afrique. En Tunisie par exemple, la dotation budgétaire 2025 jugée insuffisante alimente les débats sur la durabilité du réseau routier national.
La direction de l’exploitation et de l’entretien routier au ministère tunisien de l’Équipement a signalé un déficit en ressources financières pour l’entretien du réseau routier national. Ce manque dont le montant n’a pas été dévoilé impacte la durabilité de la couche d’asphalte supérieure, censée tenir entre 10 et 15 ans d’après Ali Ben Mohamed, directeur de l’entité.
Selon lui, seulement 200 millions de dinars (environ 69 millions USD) ont été alloués en 2025 à l’entretien des 20 000 km de routes classées du pays, tandis que 87 millions de dinars sont réservés aux pistes rurales, étendues sur 58 000 km. Cette situation est problématique, notamment parce que la majorité des routes urbaines (près de 90%) relèvent des municipalités qui sont souvent sous-équipées en moyens d’ingénierie.
Le cas tunisien n’est pas unique. Il traduit un défi généralisé, souvent présenté comme l’un des principaux obstacles au développement des réseaux routiers en Afrique, en plus des contraintes de financement pour leur construction. Selon un rapport publié en mai 2024 par l’Association des fonds d’entretien routier africains (AFERA), les pays de la CEDEAO mobilisent à peine 1 milliard USD par an pour des besoins estimés à 10,4 milliards, soit un déficit de financement de 9,5 milliards.
Outre la dégradation accélérée des voies, le problème plombe aussi la compétitivité des économies régionales, comme le souligne l’Observatoire économique africain. Les causes sont multiples : faiblesses institutionnelles, mécanismes fiscaux inadaptés, et capacités techniques limitées au sein des entités de gestion. À ces contraintes s’ajoute souvent une forte dépendance aux financements d’urgence ou à l’aide extérieure, qui ne permettent pas de planification à long terme.
Certains pays commencent toutefois à explorer des modèles alternatifs. En Guinée, la réforme du Fonds d’entretien routier (FER S.A.) orientée vers une gouvernance indépendante et un accès élargi aux financements publics et privés, est perçue comme une piste prometteuse. Ce modèle salué par la Banque mondiale, l’AFERA et le SSATP, repose sur des fonds routiers autonomes capables d’assurer une prévision budgétaire et de rassurer les bailleurs de fonds.
Mais pour que ce type de mécanisme inspire à l’échelle africaine, il devra faire ses preuves. La Guinée, tout comme le Kenya, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud, qui ont également engagé des réformes, devront démontrer leur capacité à articuler gouvernance, planification et diversification des ressources pour mieux entretenir et développer leurs routes.
Henoc Dossa
Edité par : Feriol Bewa
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1 year ago
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