Le Tchad plaide pour l’accréditation de ses institutions au Fonds vert pour le climat

SOURCE | 1 year ago


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(Agence Ecofin) - Cette démarche vise à renforcer l'accès du pays aux financements internationaux pour ses projets d’adaptation et de résilience climatique.

Le ministre tchadien de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a sollicité l’accréditation de trois institutions nationales tchadiennes auprès du Fonds vert pour le climat (FVC). Il s’agit du Fonds spécial pour l’environnement, de l’Agence de développement de l’environnement et du secteur rural (ADES), et du Fonds national de l’eau.

Cette demande a été présentée le mardi 29 juillet 2025, à Catherine Kaufman, directrice Afrique du FVC, lors de sa visite officielle au Tchad. L’objectif de cette demande d’accréditation est de permettre un accès direct aux financements du Fonds sans passer par des organismes étrangers. Ce mécanisme faciliterait la mobilisation de ressources pour des projets d’adaptation aux effets du changement climatique.

« Le Tchad figure parmi les pays les plus exposés aux impacts du changement climatique, une situation aggravée par l’insécurité dans certaines régions. Il est donc crucial que nous puissions bénéficier d’un appui financier adapté à notre contexte », a fait savoir M. Djamous.

Les avantages d’une accréditation au Fonds vert pour le climat

Le FVC est le principal outil de financement mondial destiné à aider les pays en développement à faire face au changement climatique. Il soutient à la fois des projets d’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre) et d’adaptation (protection des populations et des ressources).

Pour les pays accrédités, il permet d’accéder à des subventions ou des prêts concessionnels, selon la capacité de mise en œuvre de l’institution accréditée. A ce jour, quelques pays africains, comme le Sénégal et le Maroc, ont obtenu une accréditation directe à travers des entités nationales.

Etre accrédité au FCV enverrait un signal positif aux bailleurs internationaux sur la volonté du Tchad de s’engager durablement dans la lutte contre le changement climatique.

Des critères d’accès jugés trop contraignants

L’accès au Fonds reste un processus technique et long. Les institutions qui souhaitent être accréditées doivent démontrer une capacité financière, administrative et environnementale solide, ce qui est un obstacle pour les pays où les capacités institutionnelles sont limitées. Le ministre tchadien a ainsi demandé une révision des critères actuels, estimant qu’ils constituent un frein pour les Etats les plus vulnérables. Il a plaidé pour que les spécificités locales soient prises en compte dans les processus d’évaluation du Fonds.

Cette démarche rejoint celles d’autres pays africains qui cherchent à accélérer leur accès au financement climatique. D’après la Banque africaine de développement (BAD), le continent a besoin de 277 milliards $ par an jusqu’en 2030 pour répondre efficacement aux enjeux climatiques, mais n’en mobilise qu’une fraction.

La visite de la délégation du Fonds vert à N’Djamena marque une étape importante dans le dialogue avec le Tchad. Elle pourrait déboucher, à moyen terme, sur une reconnaissance formelle des entités nationales et une meilleure capacité du pays à financer ses priorités environnementales. 

Chamberline Moko

Edité par M.F. Vahid Codjia


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