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(Agence Ecofin) - Le Fonds monétaire international (FMI) a conditionné récemment la reprise de son appui au pays d’Afrique australe à la restructuration de la dette extérieure du pays, et l’élaboration d’un programme de réformes économiques.
Le Zimbabwe reprendra ce mois-ci les négociations avec ses créanciers sur la restructuration de sa dette de 21 milliards de dollars pour tenter de sortir d’une situation de défaut de paiement, qui le prive depuis 1999 du soutien des bailleurs de fonds internationaux et de l’accès aux marchés des capitaux.
« Nous avons été très occupés à nous débarrasser de notre fardeau en termes d'arriérés de dettes extérieures. Le 25 novembre, nous aurons un dialogue de haut niveau avec les créanciers pour faire avancer ce programme », a déclaré le ministre des Finances, Mthuli Ncube (photo), le mercredi 6 novembre lors d'une conférence tenue à Bulawayo, la deuxième ville du pays.
« Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, et l'ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano, participeront également à ces discussions », a-t-il ajouté.
En 2022, le Zimbabwe avait sollicité l'aide du président de la BAD et de l'ancien président mozambicain pour mener des négociations sur la restructuration de la dette avec ses créanciers, dont la Banque mondiale, les pays membres du Club de Paris et la Banque européenne d'investissement (BEI).
Début octobre dernier, Harare a également engagé deux cabinets de conseil financier et juridique pour l'aider à négocier la restructuration de 21 milliards $ de dettes avec ses créanciers étrangers et locaux. Il s’agit de GSA & Co, une société de conseil en gestion fondée par un ancien banquier de Rothschild, et de Kepler Karst, un cabinet d'avocats spécialisé dans la restructuration de la dette et l'insolvabilité. Ces cabinets de conseil ont été engagés par l'intermédiaire de la Facilité africaine de soutien juridique (African Legal Support Facility –ALSF), une organisation hébergée par la Banque africaine de développement (BAD) qui fournit une assistance juridique aux Etats africains pour faire face aux litiges avec les créanciers, en particulier les fonds vautours, et négocier des contrats commerciaux complexes.
La dernière réunion entre le gouvernement zimbabwéen et des représentants des créanciers remonte à février 2023.
Le Zimbabwe a fait défaut sur sa dette en 1999, en raison d’une mauvaise gouvernance économique. La crise qui a secoué le pays s’est aggravée au début des années 2000, suite à une réforme agraire lancée par l’ex-président Robert Mugabe, et marquée par des expropriations des terres fertiles au profit des proches du régime.
Toujours privé du soutien des bailleurs de fonds internationaux, le pays d’Afrique australe a eu beaucoup de mal à obtenir de nouvelles lignes de crédit et à attirer les investissements étrangers nécessaires à la relance de son économie.
Selon des chiffres officiels datant du 30 juin 2024, le Zimbabwe traîne des stocks de dette extérieure de 12,3 milliards de dollars et une dette intérieure de 8,7 milliards de dollars.
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