Bonjour à toutes et à tous,
Bienvenue dans cette nouvelle édition du Brief de Jeune Afrique, votre newsletter hebdomadaire qui revient sur l’essentiel de l’actualité politique, économique et sécuritaire du continent.
Voici le menu de la semaine :
Exclusif : les 20 pays africains les plus performantsLes missions de la paix, aubaines diplomatique et financièreLa route de la peur : le Maroc et le MaliNord de la Côte d’Ivoire : aux frontières des menaces et du pouvoirSidi Ould Tah parviendra-t-il à réinventer la finance africaine ?Bonne lecture !
1. Classement 2026 : quels sont les 20 pays les plus performants ?
Le top 5. L’Afrique du Sud demeure largement en tête de l’édition 2026 de notre palmarès des 20 pays les plus performants d’Afrique, malgré certaines fragilités internes. La surprise vient de Maurice, qui se classe en deuxième position. Progression spectaculaire de la Namibie, troisième, confirmation de la solidité du Maroc, quatrième. Enfin, le Nigeria complète le peloton de tête.
Gagnants. Le cru 2026 révèle que les pays les mieux classés sont ceux qui parviennent à transformer leurs ressources en capacité d’action publique durable. La percée de la Namibie s’explique ainsi par une combinaison rare de stabilité politique, de bonne gouvernance et d’attractivité économique. Autre performance du classement Jeune Afrique : Maurice, récompensée pour sa constance en matière de gouvernance, de réglementation, de diversification de son économie et de services financiers.
Perdants. Dégringolade de l’édition 2026 pour l’Éthiopie, qui perd douze rangs. Le critère de pression fiscale retenu dans la nouvelle méthodologie lui est particulièrement défavorable, puisque le classement n’a pu recueillir ses données, signe d’une gouvernance encore trop opaque. Le Kenya recule de cinq rangs. Même si Nairobi reste l’un des principaux hubs technologiques du continent, la dégradation de ses finances publiques pèse lourdement. Même chose pour l’Égypte, dont les atouts sont considérables, mais qui demeure empêtrée dans de profonds déséquilibres macroéconomiques.
2. Rwanda, Tchad, Kenya : les missions de la paix, levier d’influence diplomatique… et de bonnes affaires ?
Des soldats rwandais de la Minusca déployés à Bangui, le 27 décembre 2020. © Montage JA ; Nacer Talel/Anadolu Agency via AFP © Montage JA; Nacer Talel/Anadolu Agency via AFP
Rwanda. Influence diplomatique et opportunités économiques entrent dans la méthodologie de notre classement 2026 des 20 pays les plus performants. Le Rwanda s’est ainsi rendu incontournable comme acteur majeur du maintien de la paix avec 4 098 militaires et policiers déployés sous la bannière de l’ONU. Jouant à la fois la carte de l’argument moral, de l’influence diplomatique et de la présence stratégique, Paul Kagame a toujours plaidé pour des « solutions locales aux problèmes africains ».
Tchad. « Cette quête d’influence explique aussi l’implication du Tchad dans la mission onusienne au Mali, la Minusma (2013-2023) », explique Claire Rainfroy. Une influence qui devrait se traduire par l’obtention de postes de leadership au sein de la mission onusienne, de l’Union africaine ou de la force conjointe du G5 Sahel.
Manne financière. Le classement montre que la présence diplomatique se double d’un intérêt économique indéniable. « Pour chaque soldat déployé, l’ONU rembourse 1 448 dollars par mois. Chaque État les redistribue ensuite à sa guise. Dans le cas du Rwanda, la note théoriquement remboursée à Kigali s’élevait, pour le mois de mars, à presque 6 millions de dollars pour ses soldats uniquement », souligne notre journaliste.
3. Emprise jihadiste sur la route entre le Maroc et le Sahel
Camions-citernes incendiés dans le cadre du blocus imposé par le Jnim sur les axes de la région de Kayes depuis septembre 2025. © Doc Jnim © Doc Jnim
Haute tension. Le 6 mai, plusieurs convois commerciaux ont été attaqués près de Bamako dont une quinzaine de camions marocains pris pour cible par des groupes armés sur l’axe reliant la frontière mauritanienne à la capitale malienne, rappelle Jassim Ahdani. « Les chauffeurs routiers marocains évoquent un véritable point de rupture. Sur les routes sahéliennes reliant le Maroc au Mali, au Niger ou au Burkina Faso, certains refusent désormais de repartir. D’autres continuent, mais avec la conviction de traverser l’une des zones les plus dangereuses du continent », explique notre journaliste.
Dans l’étau jihadiste. L’année 2025 a marqué une accélération brutale de cette dégradation sécuritaire. En janvier, quatre chauffeurs marocains avaient disparu dans la zone frontalière entre le Burkina Faso et le Niger, une région connue pour l’activité de groupes affiliés à Al-Qaïda et à Daech.
Nouvelle voie. Face à cette situation, les professionnels marocains misent sur l’ouverture d’une nouvelle route reliant Smara, au cœur du Sahara, à Bir Moghrein, à la pointe nord de la Mauritanie. Ce trajet en cours d’achèvement constitue une alternative plus sûre aux axes traversant certaines zones instables du Mali.
4. Nord de la Côte d’Ivoire : aux frontières des menaces et du pouvoir
Des mineurs artisanaux extraient de l'or près de la ville de Doropo, en Côte d'Ivoire, en 2018. © LUC GNAGO/REUTERS © LUC GNAGO/REUTERS
Jihadisme. Dans cette série de reportages réalisés par Jeanne Le Bihan, les dynamiques du nord du pays sont passées en revue. Au premier rang des priorités, la Côte d’Ivoire ne cesse de renforcer son dispositif sécuritaire à sa frontière nord. Avec un double objectif : protéger son territoire des incursions de groupes armés et de la déstabilisation des régimes voisins, et anticiper toute crise humanitaire.
Orpaillage. Autre front, les mines clandestines, véritable manque à gagner pour l’économie officielle. Les activités clandestines autour des pépites d’or aiguisent les appétits et accroissent l’insécurité dans le nord du pays. « L’exécutif a mis en place une lourde politique de répression : durcissement de l’encadrement juridique, arrestations en cascade, et destruction de tous les biens », explique notre journaliste.
L’après-Ouattara. Le volet politique de la série s’ouvre dans l’ombre de l’ancien favori d’Alassane Ouattara, Amadou Gon Coulibaly, qui plane encore sur Korhogo, la principale ville du Nord. « La mort du dauphin, qui devait régner sur la Côte d’Ivoire en 2020, a laissé un vide immense, constate Jeanne Le Bihan. Dans l’esprit de chacun, ici, le prochain président ne pourra être qu’un homme du Nord. Et, mieux encore, un homme du clan. »
5. Sidi Ould Tah parviendra-t-il à réinventer la finance africaine ?
Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement, lors du sommet Global Citizen Now à Johannesburg, le 21 novembre 2025. © JEMAL COUNTESS/Getty Images via AFP
Changement d’époque. Un an après l’arrivée de Sidi Ould Tah, la réputation qui le précédait est devenue réalité, raconte Thaïs Brouck dans le portrait qu’il dresse du président de la Banque africaine de développement (BAD). Là où son prédécesseur nigérian, Akinwumi Adesina, misait sur le nœud papillon et les pas de danse, le Mauritanien préfère l’ombre à la lumière. Son obsession du résultat et de l’efficacité le tient loin des slogans et des coups d’éclat.
Parlez-vous le SOT ? Le document de référence censé guider cette transformation s’appelle la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (Nafad). « Pour concrétiser sa stratégie, le président entend s’attaquer à la structure de la Banque, explique notre journaliste. Le nouvel organigramme prévoit la suppression du poste de premier vice-président ainsi que de deux postes de vice-présidents sur les huit existants. Par ailleurs, le nombre de directeurs de département serait divisé par plus de deux. » L’ambition est de réduire le délai moyen nécessaire à l’approbation d’un projet de dix-huit à trois mois.
Principe de subsidiarité. Pour parvenir à ce résultat, Sidi Ould Tah défend ce qu’il appelle « le principe de subsidiarité ». Cela consiste à confier le financement et la mise en œuvre des projets à l’échelon institutionnel le plus pertinent. De nombreux observateurs s’interrogent néanmoins sur la capacité de la Nafad à surmonter les rivalités entre les institutions, mais aussi sur la capacité des échelons nationaux à suivre le rythme.
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