🎙️ Daily Podcast (FR) : NViNiO•Podcast™
ADs | ✨ Enhance your Social Media content with NViNiO•AI™ for FREE

À moins de deux semaines du scrutin, la «Proposition 40» et son impôt de 5% sur les grandes fortunes inquiètent la Silicon Valley. Quoi qu’il arrive, Mark Zuckerberg restera en Californie. Meta lui donne de quoi régler la facture sans perdre la main sur le groupe.
Passer la publicité Passer la publicitéMark Zuckerberg ne quittera pas la Californie. Il ne lâchera pas non plus les rênes de Meta. L’entreprise a dévoilé mercredi, avec ses résultats trimestriels, la création d’un nouveau type d’actions : dites de classe C et sans droit de vote. Le dispositif est tout frais. Il a été validé par le comité spécial du conseil d’administration à l’unanimité le 14 octobre. Officiellement, Meta compte s’en servir pour lever des fonds, rémunérer ses salariés et financer des acquisitions, notamment dans l’intelligence artificielle. Mais ce montage doit également permettre à celui que la presse américaine surnomme «Zuck» de régler la taxe sur les milliardaires soumise au vote des Californiens le 3 novembre, à l’occasion des «midterms», sans diluer son pouvoir au sein du groupe. En contrepartie, le patron s’engage à garder sa résidence et le siège de Meta en Californie pendant huit ans, selon un document transmis à la SEC, le gendarme boursier américain. Un «plan ingénieux», souligne le média spécialisé TechCrunch.
Concrètement, chaque actionnaire recevra dorénavant une action de classe C pour chaque action de classe A ou B détenue. Ces titres, effectifs dès janvier, donneront droit à une part du capital, pas aux votes. Mark Zuckerberg détient environ 13% du capital de Meta, mais près de 60% des droits de vote. Sans ce montage, le fondateur de Facebook aurait dû céder une large part de ses actions de classe B. Sa part des voix serait alors tombée à quelque 53%. Il pourra désormais vendre jusqu’à 20% de ses actions de classe C, soit 10% de sa participation, pour régler une facture estimée à plus de dix milliards de dollars, et cela «sans affecter son contrôle majoritaire».
«Visiblement, les milliardaires vont rester et trouver un moyen de payer l’impôt», s’est réjoui sur X Ro Khanna, élu démocrate de Californie à la Chambre des représentants et partisan de la taxe.
La menace d’un départ
Pour comprendre ce tour de passe-passe, il faut remonter à l’été. D’après le New York Times, dès juillet, Mark Zuckerberg évoque la taxe avec le conseil d’administration de Meta. Il prévient qu’il envisage de déménager hors de Californie et que la mise en vente de ses biens immobiliers serait «inévitablement remarquée et commentée par les employés». Début septembre, l’ultimatum est lancé : dans 96 heures, faute d’accord, il mettra sa propriété de Palo Alto en vente.
La «Proposition 40» prévoit un prélèvement unique de 5% sur le patrimoine net des quelque 200 milliardaires de l’État de Californie qui y résidaient au 1er janvier 2026. Porté par le SEIU-UHW, un syndicat de soignants, le texte s’appuie notamment sur les travaux de deux professeurs franco-américains de la prestigieuse université de Californie à Berkeley : les économistes Gabriel Zucman et Emmanuel Saez. La mesure vise surtout à financer le système de santé public, dont dépend la moitié des Californiens, fragilisé par les coupes fédérales décidées par Donald Trump.
Pour autant, la Silicon Valley fait bloc contre. Du moins, les grands patrons. Sergey Brin, cofondateur de Google, a ainsi déboursé pas moins de 102 millions de dollars (91 millions d’euros) pour faire campagne contre le texte. Il a aussi promu deux propositions concurrentes, numérotées 41 et 42. Si l’une d’elles recueille plus de voix, la «Prop 40» sera annulée. Les opposants agitent la menace d’une taxe pérennisée, puis d’un exode des grandes fortunes. Le texte divise jusque dans le camp démocrate. Le gouverneur Gavin Newsom, qui nourrit des ambitions présidentielles pour 2028, appelle à voter «non» et plaide pour une taxe fédérale. Le syndicat United Domestic Workers, qui représente 250.000 aides à domicile et puéricultrices, appelle aussi à voter «non». À l’inverse, Bernie Sanders est venu soutenir la mesure à Los Angeles début octobre. La Californie a déjà échoué trois fois en quinze ans à alourdir l’imposition des plus riches par référendum.
.png)
4 days ago
English (United States) ·
French (France) ·