Ce mouvement international lancé par un collectif d’associations invite les internautes à supprimer les applications sociales de leurs téléphones en février.
Passer la publicité Passer la publicitéAussitôt passé le mois de janvier sans alcool, connu sous le nom de «Dry January», voici le tour du «Off February». Porté par un collectif de 55 associations du monde entier, ce défi consiste à désinstaller les réseaux sociaux de son téléphone portable durant tout le mois de février. «Plus largement, nous incitons à supprimer toutes les applications qui occupent plus de temps qu’elles n’apportent de valeur. Si vous foncez sur Candy Crush dès que vous avez une minute de libre dans le métro, c’est l’occasion d’arrêter par exemple», précise Diego Hidaldo, fondateur du mouvement Off February.
En moyenne, les Français passent 1 heure et 48 minutes sur les réseaux sociaux chaque jour, selon une étude menée en 2025 par l’agence We Are Social. Soit une cinquantaine d’heures sur le mois de février. «Il y a un paradoxe : les gens perdent des heures sur les écrans, tout en se plaignant de manquer de temps. Le point de départ de notre initiative, c’est de se dire que presque n’importe quelle activité en dehors des réseaux sociaux peut être bénéfique pour notre bien-être», veut croire Diego Hidalgo.
Vivre dans le réel
Le mouvement Off February encourage les participants à remplacer le temps habituellement passé sur les réseaux sociaux par de la lecture (hors du téléphone), du repos, des activités manuelles, du sport ou des moments de convivialité en famille ou entre amis. «Il faut retrouver des sources de plaisir dans le monde réel», explique la psychothérapeute Karine de Leusse, membre d’une organisation partenaire d’Off February. «Je fais souvent l’analogie entre le geste répétitif de scroller sur son écran, et la manière dont un bébé caresse son doudou pour se réconforter. Le numérique est devenu un espace pour fuir le réel. Durant ce mois de février, on va devoir réapprendre à occuper notre esprit et nos doigts», décrypte la spécialiste de l’addiction aux écrans.
Concrètement, le collectif Off February organisera dans une dizaine de grandes villes des promenades collectives de 5,08 kilomètres, en référence aux 180 mètres de contenus «scrollés» en moyenne chaque jour multiplié par les 28 jours du mois de février. En parallèle, un festival ponctué de concerts, spectacles et conférences sur le thème de la déconnexion aura lieu à Madrid, ville de naissance du mouvement. Un réseau d’une centaine d’espaces publics dans le monde s’organise par ailleurs pour soutenir l’initiative. Les bars, restaurants, librairies, ou encore infrastructures sportives partenaires afficheront ainsi un appel à la pause numérique sur leur devanture.
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Effets délétères des réseaux sociaux
Plusieurs études soulignent les effets délétères des réseaux sociaux, notamment sur la santé mentale, la qualité de sommeil ou encore la capacité de concentration. «Le temps de lecture chute à partir de l’âge où les jeunes Français reçoivent leur premier téléphone portable», note Diego Hidalgo, citant des résultats publiés par le Centre National du Livre. «Off February n’est pas un sacrifice. C’est une célébration des alternatives aux écrans!», poursuit le fondateur. «Les gens n’adhèrent pas lorsqu’ils ont l’impression qu’on leur retire quelque chose qui leur procure du confort. Ici, il s’agit au contraire de reprendre le contrôle de nos vies», abonde la députée Laure Miller, qui porte à l’Assemblée Nationale un projet de loi pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
La déconnexion mensuelle n’est qu’une première étape pour le collectif Off February. «On sait bien que les CSP+ vont être plus sensibles aux alternatives aux écrans. Ils ont souvent un accès facilité à la culture ou aux infrastructures sportives», admet Diego Hidalgo. «L’incitation à couper les réseaux sociaux doit s’accompagner d’une meilleure réglementation des plateformes, et d’un travail de sensibilisation. Off February c’est une étincelle pour allumer la flamme», conclut-il.
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