Près du détroit d’Ormuz, le crash de l’hélicoptère Apache américain a déclenché une opération inédite dans l’histoire

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Que s'est-il passé précisément le 8 juin en fin de matinée près du détroit d'Ormuz ? Le Commandement central des États-Unis (U.S. Central command) a été avare en détails, mais ce que l'on sait, c'est qu'un hélicoptère de combat AH-64 Apache a dû amerrir en catastrophe et que son équipage a été secouru sain et sauf en mer, près des côtes d'Oman.

L'hypothèse de l'interception et la destruction d'un drone Shahed par l'hélicoptère est évoquée. La perte de l'Apache est probablement due à l'explosion du drone ou à ses débris. L'opération de sauvetage a duré deux heures. Parmi les unités ayant participé à la mission, une nouveauté notable a été observée : l'utilisation d'un drone naval pour la première fois.

Le navire de surface employé est un Corsair de Saronic, long de 7,3 mètres. C'est à bord de ce dernier que les deux membres de l'équipage se sont hissés pour être déplacés vers une zone sécurisée. À partir de là, ils ont ensuite été secourus et évacués par hélicoptère.

Ce scénario inhabituel a nécessité l'implication de la Task Force 59, une unité spécialisée dans l'intelligence artificielle qui est chargée d'une flottille de drones navals.

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Encore une fois, ces engins sans pilote se sont fait remarquer par leur capacité à évacuer du personnel sans mettre en danger d'autres soldats. Car habituellement, ces missions de sauvetage nécessitent au moins deux personnes pour prendre en charge un seul blessé.

Le petit drone de surface Corsair a permis d’éloigner l’équipage de la zone hostile pour l’évacuer en hélicoptère de façon sécurisée. © Saronic Tech

Changer la conduite de la guerre grâce aux drones

Sans ce drone, il aurait fallu faire prendre des risques à au moins cinq personnes en zone hostile. Si le sauvetage de l'équipage de l'Apache par un drone est une première, son usage pourrait bien changer profondément le déroulement d'une véritable bataille sur une zone de front, sur terre ou en mer.

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Lors d'une offensive terrestre, l'ennemi va privilégier le fait de blesser les soldats adverses plutôt que de les tuer. Soigner et stabiliser un blessé mobilise plusieurs combattants, ce qui peut ralentir, voire bloquer l'opération offensive.

Avec des drones de sauvetage, les règles changent et l'évacuation est réalisée de façon autonome. C'est d'ailleurs ce qui se passe en Ukraine. Sur le front, des drones autonomes à chenilles ou à roues viennent quotidiennement chercher les blessés pour les ramener à l'arrière. L'évacuation, et donc la prise en charge médicale rapide hors de la zone de feu, peut faire la différence entre la vie et la mort.

Ces mêmes drones sont également déployés lorsque l'accès aux blessés est trop dangereux pour une équipe humaine. Ces drones n'ont même pas besoin d'être spécialisés, comme le montre l'incident de l'Apache. Il s'agissait simplement d'un drone naval pouvant transporter n'importe quelle charge utile de la taille d'un humain.

Dans le même esprit, en Ukraine, ils permettent à la fois de mettre à l'abri les soldats lors de missions périlleuses de ravitaillement et d'assurer l'évacuation des blessés. L'étape suivante sera peut-être l'arrivée de robots humanoïdes infirmiers, capables de stabiliser un blessé sur le champ de bataille avant son évacuation automatisée.


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