La guerre se mène désormais à distance, à coups de missiles et de drones. Le problème reste toujours de les neutraliser et, pour le moment, les munitions des systèmes de défense sont onéreuses. En cas d'attaque massives à répétition, les munitions viennent à manquer et la défense devient inefficace. Les solutions : les railguns, les canons électromagnétiques pour les drones et les lasers. C'est sur ce dernier point que les efforts s'intensifient.
Les modèles développés par les armées, dont la France, sont essentiellement destinés à abattre des drones de petite taille. Pour ce qui est des missiles et notamment ceux à haute vélocité qui manœuvrent, avec leur réactivité, ce type d'arme serait efficace si elles étaient suffisamment puissantes. Un laser d'une puissance inégalée, c'est justement le projet du Pentagone.
L'Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL) a réalisé le premier tir à ciel ouvert de son canon électromagnétique conçu et fabriqué en interne. Cette étape charnière fait passer cette technologie du laboratoire vers des conditions proches de l'emploi opérationnel, avec en ligne de mire la lutte contre les missiles hypersoniques.... Lire la suite
Le gouvernement américain a attribué des contrats d'une valeur de 86 millions de dollars pour le développement de nouveaux systèmes d'armes laser JLWS, capables de délivrer une puissance allant jusqu'à 500 kW afin de neutraliser les missiles de croisière de nouvelle génération.
La course au plus fort
Cinq cents kilowatts représente clairement une catégorie à part, par rapport aux autres puissances développant des systèmes d'arme laser. Par exemple, le démonstrateur français Syderal, en cours de développement, sera censé atteindre les 50 kW, puis culminer à 100 kW. Chez les Britanniques, le fameux DragonFire de MDBA, que Futura a déjà évoqué, plafonne pour le moment à 50 kW avec un objectif de 150 kW à l'horizon 2030. L’Iron Beam israëlien de Rafael est le seul opérationnel à atteindre les 100 kW. Il devrait évoluer vers 200 à 300 kW dans les prochaines années. La Chine, de son côté, prétend disposer d'un canon développant 250 kW de puissance. Autant dire que le projet américain est un gros calibre par rapport aux autres.
Présentation d’un prototype de canon laser chargé d’abattre un drone de taille imposante. Si la démonstration est impressionnante, l’industriel est encore loin d’être capable de neutraliser un missile moderne hypervéloce. © Lockheed MartinLa puissance, ça compte mais pas uniquement
Pour l'heure, le Pentagone n'a pas communiqué sur la mise en service opérationnelle de son JLWS. En observant les documents budgétaires de l'US Army et la Navy, on sait que le canon devrait se décliner en plusieurs versions avec des démonstrateurs à 150 kW, pour atteindre les 500 kW vers 2030.
Si cet horizon semble lointain, c'est pourtant demain, car un tel programme nécessite habituellement des décennies. Dans le cas de ce canon, l'idée du Pentagone consiste à accélérer le mouvement avec des prototypages rapides, afin de déployer des armes opérationnelles dans les meilleurs délais.
Ce canon laser peut abattre des drones à 650 km/h : une première qui change la défense européenne !
Le puissant canon laser britannique DragonFire refait parler de lui. Cette fois, il est parvenu à détruire des drones volant à plusieurs centaines de km/h. C’est une première.... Lire la suite
Il faut savoir qu'outre la capacité à maintenir le faisceau à travers du brouillard et d'autres phénomènes, la puissance reste essentielle pour détruire un missile. Une puissance élevée lui permet de rester verrouillé sur la cible moins longtemps pour parvenir à la détruire. Et les pays qui ont lancé ce type de programme progressent lentement, car l'ingénierie nécessaire pour transformer un faisceau de laboratoire de haute puissance en une arme pratique et déployable reste très complexe.
Si le Pentagone a débloqué 86 millions de dollars à Lockheed Martin Aculight et nLIGHT Defense, ce n'est qu'une somme initiale. Le plafond du programme pourrait bien atteindre 847 millions de dollars. À échéance, une arme opérationnelle de 500 kW permettrait de neutraliser non seulement des drones de petite taille isolés, mais aussi des armes anti-navires à grande vitesse, des missiles de croisière de nouvelle génération et des essaims d'engins cherchant la saturation et l'attrition des défenses.
Reste un souci : le cahier des charges précise qu'il faudra pouvoir faire entrer ce système laser, avec son alimentation, dans un conteneur standard de 12 mètres. Cette « miniaturisation » est un véritable enjeu difficile à tenir dans des délais aussi serrés.
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