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Un dinosaure vieux de 167 millions d’années est au centre d’une mobilisation scientifique. Le squelette de Dubreuillosaurus doit être vendu aux enchères le 18 novembre 2026 à l’Hôtel Drouot, à Paris, par la maison Millon.
Pour les paléontologues, le risque dépasse celui d’une pièce de musée qui changerait de propriétaire. Ce fossile est un spécimen de référence : son entrée éventuelle dans une collection privée pourrait compliquer, voire empêcher, de futures recherches.
Un fossile qui sert de référence internationale
Le Dubreuillosaurus appartient aux dinosaures carnivores du Jurassique. Les premiers fragments de ce spécimen ont été découverts en 1994 à Conteville, en Normandie, par André Dubreuil.
Le fossile a ensuite été étudié par des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle. Il a notamment été exposé au Paléospace de Villers-sur-Mer.
Sa valeur scientifique tient à son statut d’holotype. Ce terme désigne le spécimen de référence utilisé pour décrire une espèce et auquel les chercheurs doivent pouvoir comparer d’autres découvertes.
Les chercheurs redoutent une collection fermée
Les paléontologues Ronan Allain et Julien Benoit alertent sur le risque de voir le squelette rejoindre une collection privée, éventuellement à l’étranger. La paléontologue Marie-Béatrice Forel insiste elle aussi sur la nécessité de pouvoir examiner directement les os.
Des photographies ou des dessins ne remplacent pas l’accès au fossile. De nouvelles techniques d’analyse peuvent permettre, des années après sa découverte, de mieux comprendre son anatomie ou son mode de vie.
Une pétition et une cagnotte ont été lancées pour tenter de préserver cet accès. La mobilisation vise aussi à ouvrir le débat sur la protection des fossiles présentant un intérêt scientifique majeur.
La vente n’a pas encore eu lieu
Le spécimen est resté une propriété privée malgré son étude et son exposition dans des institutions publiques. Les chercheurs souhaitent une solution qui garantisse sa disponibilité pour les travaux scientifiques et pour le public.
À ce stade, ni la vente à un collectionneur ni un départ à l’étranger ne sont des faits accomplis. Il s’agit des risques dénoncés avant l’échéance du 18 novembre.
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