Un rapport pointe les 5 dégâts de l’IA que les géants de la tech préfèrent minimiser

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L'impact environnemental de l'intelligence artificielle est vaste et ses conséquences sont multiples. Ce sont surtout les infrastructures et les chaînes d'approvisionnement qui posent problème : « les centres de données, les puces, la production d'électricité, les systèmes de refroidissement, les prélèvements d'eau, l'occupation des sols, les minéraux critiques et, à terme, les déchets électroniques » annonce le rapport. Cinq problèmes majeurs ont été identifiés et, pour le moment, ils sont loin d'être résolus.    

Le problème de l’énergie

Si les centres de données étaient un pays, leur consommation d'électricité estimée à 448 térawattheures (448 milliards de kWh) en 2025 les placerait au 11e rang mondial, soit l'équivalent de la France. Un seul clip vidéo haute résolution créé par l’IA peut consommer plus de 415 Wh, ce qui le rend plus énergivore que la création de centaines d'images IA. D'ici 2030, l'utilisation de l’IA devrait représenter 3 % de la consommation mondiale d'électricité, « soit suffisamment d'énergie pour alimenter les 1,3 milliard d'habitants de l'Afrique subsaharienne pendant plus de 5 ans ». « Selon le mode de production de cette électricité, les émissions associées pourraient atteindre 400 millions de tonnes d'équivalent CO₂, soit l'équivalent des émissions totales du Royaume-Uni en 2025 ».

Les data centers consomment une grande quantité d'énergie, en plus de l'eau. © Paul, Adobe Stock

Le problème de l’eau

Alors où de nombreux pays (y compris certaines régions européennes l'été) souffrent du manque d'eau, « les 9 300 milliards de litres d'eau utilisés par les centres de données suffiraient à couvrir les besoins en eau potable des 8,1 milliards d'habitants de la planète pendant environ 1,6 an » expliquent les Nations unies. Et même si une partie de cette eau était restituée à la nature (ce que certains centres mettent en avant), « les prélèvements à grande échelle peuvent mettre à rude épreuve les aquifères et les réseaux hydrographiques, en particulier dans les régions arides ou où les nappes phréatiques sont épuisées », déplorent les auteurs du rapport. 

Des centaines de data centers vont être construits en France d'ici 2030. © Karine Durand. Image d'illustration avec IA Image Bing

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Le problème des terres

Pour produire cette électricité et implanter les data centers, il faut de l'espace. L'utilisation des terres nécessaires à la production de cette électricité en 2030 dépasserait 14 000 km² en 2030, soit approximativement la superficie de l'Irlande du Nord. Attention aux centres de données qui se disent « à faibles émissions de carbone » met en garde le rapport, « car faible émission de carbone n'est pas automatiquement synonyme de faible consommation d'eau ou de faible utilisation des terres ». 

L'impact environnemental de l'IA sur les différents pays du monde : la première colonne fait le classement des pays qui ont le plus gros impact en termes d'émissions de CO2, la deuxième colonne l'impact le plus fort concernant l'utilisation de l'eau, et la troisième celui de l'impact le plus fort concernant l'utilisation des terres. © ONU

Le problème des métaux rares

Les centres de données ont besoin de composés électroniques. Et ceux-ci sont souvent issus de minéraux et métaux rares. Le rapport pointe du doigt le fait que les méthodes d'extraction des métaux endommagent gravement des terres naturelles, en plus d'émettre parfois une pollution dangereuse dans les sols et les eaux. Ces minéraux et métaux rares sont concentrés dans certains pays, en Afrique et en Amérique du Sud en particulier. L'explosion de l'utilisation de l’IA va conduire de nombreuses terres naturelles, ou des terres utilisées pour la culture et les pâtures, à être ravagées à grande échelle pour extraire ces matériaux.

Des terres naturelles sont détruites et polluées pour extraire des métaux rares, et cela de manière concentrée dans quelques pays.  © Khorzhevska, Adobe Stock

Le problème des déchets

L'IA est aussi responsable d'une grande quantité de déchets électroniques, dont certains comportent des substances dangereuses. Si elles sont mal gérées (ce qui sera malheureusement le cas pour une partie d'entre elles), cela entraînera un grave risque de pollution pour la nature et l'agriculture. « D'ici 2030, les infrastructures d'IA pourraient générer jusqu'à 2,5 millions de tonnes de déchets électroniques par an, soit l'équivalent de la mise au rebut annuelle de 250 tours Eiffel ».

Alors, le développement de l'intelligence artificielle est-il une véritable catastrophe pour la Planète ? Oui, il n'y a plus aucun doute. Cependant, des efforts peuvent être faits pour changer la tendance. Le rapport propose de mettre en place un plan basé sur six principes :  transparence, efficacité dès la conception, équité et justice environnementale, responsabilité tout au long du cycle de vie, coopération mondiale, utilisation durable. Reste à savoir si dans cette course effrénée pour développer l'IA la plus performante, les différents États de la Planète vont réussir à s'accorder sur ces principes.


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