Citigroup discute avec le Bénin et la Namibie pour renforcer ses activités 

SOURCE | 1 year ago


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(Agence Ecofin) - Entre émissions souveraines, structurations de financements avec la DFC et d’autres institutions financières, projets d’infrastructures et grands chantiers dans les secteurs pétrolier et minier, Citigroup affine sa stratégie sur un continent où les banques américaines retrouvent un regain d’appétit, alors que celles d’Europe réduisent la voilure. 

La banque américaine Citigroup est en pourparlers avec plusieurs gouvernements africains, dont ceux du Bénin et de la Namibie, afin de développer ses activités, selon des déclarations de l’un de ses responsables, relayées par Bloomberg

Grant Carson, qui supervise les opérations de Citigroup dans 64 pays sans présence physique, a indiqué que « des discussions sont en cours, principalement au niveau gouvernemental », en particulier avec ces deux pays, où les investissements étrangers seraient en hausse.

La Namibie, troisième producteur mondial d’uranium, se prépare à un boom pétrolier après d’importantes découvertes offshore. Plusieurs groupes internationaux, dont Chevron et Galp Energia, y ont déjà lancé des projets.  Le Bénin, quant à lui, continue d’élargir ses sources de financement sur les marchés internationaux, après avoir procédé en janvier à l’émission de la première obligation souveraine en dollars de l’année sur le continent.

Citigroup joue un rôle actif dans ce mouvement. La banque a contribué à la structuration des dernières émissions obligataires du Bénin, et, en partenariat avec Export-Import Bank des Etats-Unis, organise un financement destiné à soutenir un projet national de cybersécurité. Le pays poursuit également un programme de privatisation, après l’introduction de la BIIC, sa seule banque 100% publique, et la Loterie nationale du Bénin (LNB) en bourse. 

Plus largement, cette montée en puissance de Citi en Afrique s’inscrit dans une stratégie régionale que la banque continue d’affiner. Dans un contexte mondial de compétition croissante avec les capitaux du Golfe et les banques asiatiques, la banque américaine cible les marchés africains à fort potentiel, où elle agit comme arrangeur de financements structurés, fusions-acquisitions, conseiller des Etats ou encore partenaire des institutions de développement. Un modèle qui repose sur une présence sélective – physique dans certains pays comme le Nigeria ou le Maroc, et purement transactionnelle dans d’autres – mais avec une forte capacité d’ingénierie financière, comme en témoignent ses récentes opérations à Casablanca (émission souveraine record de 2,5 milliards de dollars), Lagos (eurobond de 2,2 milliards de dollars) ou à Dar es Salam (prêt structuré de 320 millions de dollars à CRDB Bank par la U.S. International Development Finance Corporation - DFC).

Grant Carson a indiqué que Citigroup percevait « un regain d’intérêt pour l’Afrique, même si l’on attend encore de voir ce qu’il adviendra du contexte tarifaire. Nous constatons une croissance des investissements dans des économies comme la Namibie et le Bénin, et nous échangeons principalement avec les gouvernements », a-t-il confié au média américain. 

Parallèlement, la banque de Wall Street mène des discussions avec l’Angola sur la gestion de ses entreprises publiques. Elle a aussi récemment participé à des opérations de financement en Ethiopie (acquisition d’aéronefs) et en Angola (ligne de crédit pour une entreprise).

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia


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