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La Cnil néerlandaise émet cet avertissement alors que le pays est appelé aux urnes la semaine prochaine pour des élections législatives.
Passer la publicité Passer la publicitéSi ce n’était pas évident, les Pays-Bas le rappellent : il est déconseillé de consulter une intelligence artificielle (IA) pour demander des conseils de vote. Ce mardi, l’Autorité de protection des données des Pays-Bas (AP), a prévenu que les chatbots d’intelligence artificielle sont «peu fiables et manifestement biaisés» lorsqu’ils prodiguent de tels avis.
Alors que les Néerlandais doivent se rendre aux urnes le 29 octobre, l’AP a réalisé des tests sur quatre IA différentes. Résultat : les chatbots «aboutissent très souvent aux deux mêmes partis, quelle que soit la question ou la demande de l’utilisateur».
Dans plus de la moitié des cas, l’IA a suggéré de voter pour le Parti pour la liberté (PVV) d’extrême droite de Geert Wilders, ou le Parti travailliste–Gauche verte (PvdA-GL), dirigé par l’ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. Quatre partis, dont le CDA (Appel chrétien-démocrate, centre-droit), «ne sont quasiment jamais mentionnés, même lorsque les informations saisies correspondent exactement aux positions de l’un d’eux».
Un enjeu pour les futures élections françaises
«Les électeurs sont poussés vers un parti qui ne correspond pas nécessairement à leurs opinions politiques», a mis en garde la directrice adjointe de l’AP, Monique Verdier, pour qui cette situation «porte directement atteinte à l’un des fondements de la démocratie : l’intégrité d’élections libres et équitables».
Selon l’AP, ces résultats montrent que les chatbots ne sont pas neutres, contrairement aux systèmes d’aide au vote traditionnels, tels que les sites néerlandais Kieskompas («la boussole électorale») et StemWijzer («Guide électoral»). Ceux-ci ne délivrent pas de consigne, mais donnent des informations sur la position des partis politiques les uns par rapport aux autres, basées sur l’analyse de leurs programmes électoraux. Alors que les conseils des IA, eux, «sont basés sur des données d’entraînement non vérifiables et des informations provenant d’Internet, qui peuvent être inexactes ou obsolètes», et ainsi «présenter une image déformée du paysage politique».
Toujours d’après le rapport, un nombre croissant d’électeurs demandent l’avis d’un chatbot pour savoir pour qui voter. L’enjeu dépasse largement les frontières des Pays-Bas, alors que les Français doivent se rendre aux urnes dans moins de six mois pour les élections municipales.
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