Futura évoque souvent les différents scénarios d'avenir peu engageants concernant la transformation du travail et de sa valeur en raison du développement des IA. Les parrains de l'IA, comme Geoffrey Hinton, ont la conviction que l'IA va nous succéder et détruire le travail.
D'autres sont plus nuancés. C'est notamment le cas de Boris Cherny, le concepteur de Claude Code chez Anthropic. Dans un post sur X, il affirme que les frontières entre ingénierie, produit, design, etc., deviennent de plus en plus floues. Il observe que les équipes ne se structurent plus autour de fonctions figées, mais autour de rôles fonctionnels transversaux. C'est ce qu'il a appelé de façon générique des « archétypes d'emplois ».
Dans sa publication, il n'évoque toutefois que ses considérations sur le travail dans les entreprises technologiques, dont Anthropic. Cela ne veut donc pas dire que ce qu'il décrit concerne le marché du travail dans sa globalité.
Il y a identifié cinq archétypes : le « prototypeur » qui génère des idées rapidement. Le « constructeur », qui transforme ces idées en produit fonctionnel, ou encore celui qu'il appelle le « sweeper » et qui est chargé de simplifier et de supprimer ce qui n'apporte pas de valeur. Enfin d'autres variantes incluent « l'amplificateur », qui est centré sur la croissance, et le responsable de la maintenance qui se focalise uniquement sur la stabilité des systèmes.
Le travailleur humain devient chef d’orchestre des IA
Selon Boris Cherny, cette approche reflète une transformation déjà observable dans les entreprises technologiques. Le travail a évolué, car les LLM actuelles ont réduit la part d'exécution manuelle au profit des agents IA. Cela a eu pour effet de déplacer la valeur du travail vers la décision, la conception et l'orchestration des systèmes.
C'est ce que démontre d'ailleurs une étude récente de la Queen's University Kingston sur les agents de codage IA sur GitHub. Avec l'arrivée de l'IA agentique, il est clair que les IA sont passées du stade d'assistant à celui d'un outil capable d'exécuter des tâches définies en utilisant d'autres logiciels.
Ces tâches, qui sont équivalentes parfois à plusieurs heures de travail humain, sont réalisées en un temps record et sans nécessiter de pause. Pour le créateur de Claude Code, la programmation traditionnelle, voire la rédaction de prompts par des humains, n'a plus vraiment de raison d'être avec les agents IA. Du moins, pour le secteur de la tech.
L’agent de codage IA a envoyé ses travaux pour obtenir les retours d’un relecteur humain. Il prend en compte les commentaires pour affiner ses tâches. Voilà l’avenir du travail humain selon le créateur de Claude Code. © Queen’s University Kingston
Des patrons et une armée d’agents IA
Pour ce qui est du secteur de la tech, des travaux académiques sur le marché du travail confronté à l'essor des IA vont effectivement dans ce sens. On peut effectivement constater une baisse des tâches routinières avec, en contrepartie, une hausse des compétences liées à l'analyse, à la créativité et à la supervision des systèmes IA.
De fait, dans l'avenir, une part significative des emplois de ce secteur devrait être exposée à cette automatisation. Mais il s'agira moins d'une disparition brutale des postes que d'une recomposition des tâches. Dans cette nouvelle organisation du travail, les humains se concentreront donc sur la définition des objectifs, la stratégie produit et la gestion des systèmes complexes.
Au final, pour Boris Cherny, les métiers du futur n'auront donc plus d'intitulés fixes, mais répondront à des modes d'actions qui évolueront en fonction du développement d'un produit. Reste à savoir si ce qui est valable pour ce secteur particulier le sera aussi pour d'autres.
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1 day ago
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