Gouvernance mondiale : à l’OCS, le Togo porte la voix de l’Afrique et appelle à une multipolarité lucide

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(Togo Officiel) - Le Togo, représenté par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a participé le mardi 1er septembre à Bichkek (Kirghizistan), au 26ème sommet de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS). Les travaux, élargis à quelques pays invités, ont réuni les plus hauts dirigeants des pays eurasiens (Chine, Russie, Inde, Biélorussie, Turquie, Pakistan, Iran, Kazakhstan, entre autres), autour d’une réflexion sur la transformation de l’ordre international et l’émergence d’un monde davantage multipolaire. 

Le Président du Conseil, @FEGnassingbe, a partagé ce 01/09/2026 à Bichkek, une réflexion sur la transformation de l’ordre international et les implications de l’émergence d’un monde de plus en plus multipolaire.https://t.co/39raKjPzlb pic.twitter.com/nxuIN5yYRU

— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) September 2, 2026

Porte-voix diplomatique de l’Afrique à cette tribune de premier plan, le leader togolais a partagé une réflexion approfondie sur la transformation de l'ordre international et sur la place qu'y occupe le continent.  

Un monde qui se recompose, une Afrique qui doit s'affirmer 

A l’entame de son discours, le Président du Conseil a dressé un constat lucide : “Le monde change, de nouveaux centres de puissance émergent, de nouveaux équilibres économiques se dessinent, de nouvelles voix veulent être entendues”, a-t-il posé. Face à cette mutation, Faure Gnassingbé a articulé sa vision autour de trois axes majeurs : la relation entre multipolarité et multilatéralisme, l'avenir des Nations unies, et la dimension économique de la justice internationale. 

La multipolarité doit nous donner davantage de choix et non créer de nouvelles divisions. Pour l’Afrique, l’émergence de nouveaux partenaires est une opportunité. Elle nous permet de diversifier nos relations, de réduire certaines dépendances et surtout de mieux choisir nos partenariats en fonction de nos propres priorités. Mais soyons lucides, davantage de pôles de puissance ne signifie pas automatiquement davantage de justice. La multipolarité peut aussi produire plus de rivalités, de fragmentation et de rapports de force” a-t-il affirmé, en invitant à la prudence. 

ONU : une réforme nécessaire pour l’avenir du système multilatéral 

Le leader togolais a ensuite porté sa réflexion sur l'avenir du système multilatéral, en particulier celui des Nations unies : “Les Nations Unies restent indispensables, mais elles doivent profondément évoluer dans un monde plus multipolaire. Nous avons besoin davantage de multilatéralisme et non de moins. L’ONU reste notre seul espace véritablement universel. Mais nous devons aussi regarder objectivement ses limites. Lorsque les grandes puissances s’opposent, nos institutions sont trop souvent paralysées. Lorsque les mêmes règles semblent appliquées différemment selon les crises, leur légitimité s’affaiblit”, a-t-il fait remarquer. 

Quant à la question de la place de l’Afrique sur l’échiquier de la gouvernance mondiale, Faure Gnassingbé a de nouveau appelé à une plus juste représentation : “lorsque l’Afrique reste insuffisamment représentée, nous ne pouvons pas parler d’un ordre mondial pleinement juste.  Défendre les Nations Unies ne signifie donc pas défendre le monde d’hier. Cela signifie plutôt les transformer pour le monde de demain, y compris dans la composition de ses organes de direction. Cela signifie aussi mieux articuler l’ONU avec l’Union africaine, l’Organisation de coopération de Shanghai et les autres organisations régionales”. 

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Donner une véritable capacité de choix au Sud   

Enfin, le chef de l’exécutif togolais a insisté sur une dimension souvent moins évoquée : la capacité réelle des pays du Sud à financer leur propre développement et à transformer localement leurs ressources : “Un ordre mondial plus juste doit donner au Sud une véritable capacité de choix. Être mieux représenté ne suffira pas. Nos pays doivent aussi pouvoir financer leur développement, transformer leurs ressources et créer davantage de valeur chez eux. C’est tout le sens que nous devons donner aux institutions de coopération régionale, et au rapprochement entre l’Afrique et les grands pôles émergents”, a-t-il déclaré. 

A la suite de Faure Gnassingbé, plusieurs dirigeants ont élevé leur voix pour appeler à un monde solidaire, plus juste, sécurisé et épris de paix. 

Pour le Togo qui renforce un peu plus son statut d’acteur diplomatique de médiation et d’ouverture, l’ambition est claire : faire de l'Afrique un acteur stratégique souverain et autonome de la recomposition mondiale, capable de nouer des partenariats équilibrés. 


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